Depuis Levinas, l’éthique a pris un sens tout à fait singulier, il est d’ailleurs très important de dégager cette originalité parce que sinon on résumerait très facilement Levinas à une redite d’une version possible de la morale qui est qu’il faut aimer son prochain comme soi-même… Levinas, c’est une idée très originale de l’éthique mais qui évidemment se présente non pas comme une originalité mais la présentation du cœur de l’expérience la plus radicale, qui fait éclater l’ordre de l’essentiel, l’ordre du fondamental. L’éthique n’est pas un commandement, pas un ensemble de règles qu’on pourrait appliquer, ce n’est pas non plus l’idée d’un bien vivre, l’éthique c’est faire l’épreuve d’un bouleversement radical qui vient avec autrui et qui du même mouvement défait tous les repères, toutes les significations instituées, défait même le spectacle d’apparition des choses et du même mouvement, ça me met radicalement en question, ça met en question cet effort immédiat d’être qui je suis dans lequel je persévère… L’éthique c’est traumatisant.

François-David Sebbah

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